Bonjour !
Je me présente, Monsieur Micro, et je vous propose de vous guider dans le Musée d'histoire Informatique !
C'est un peu grand ici, vous voyez, alors sans guide, vous devez être un peu perdu si vous n'êtes pas vous-mêmes collectionneur ou historien ! Je vous explique le fonctionnement de la visite :
Au fur et à mesure que je vous expliquerai les aboutissants de l'histoire de l'informatique, vous trouverez des liens sur des noms, des mots ou des images. N'hésitez pas à cliquer dessus ! ces liens ouvriront une page sur laquelle vous trouverez plus de détails ! Une fois lue, fermez simplement cette fenêtre et nous continuerons ensemble la visite ! D'accord ?
Que diriez vous pour commencer d'un peu d'histoire ? c'est bien beau de parler de microprocesseurs et de mémoire vive, mais il n'a pas toujours été ainsi !
Dès les débuts de l'humanité, l'homme chercha à se fabriquer des outils afin de se faciliter la tâche. Ce fut à l'origine des premiers automates et machines à calculer, qui évoluèrent plus tard pour être, oh non pas vraiment plus intelligentes, mais plus fonctionnelles et plus versatiles ! |
 | | En effet, les origines de l'informatique remontent au 17ème siècle, où un certain Blaise Pascal inventa ce qui fut certainement la première machine à calculer, afin de faciliter le travail de son père, alors inspecteur des impots. Plusieurs inventeurs réalisèrent ce même type de machine à calculer, uniquement conçues pour réaliser les quatres opérations de base, indépendamment. |
Joseph-Marie Jacquard réalisa au début du 19ème siècle un métier à tisser entièrement automatisé : des cartes perforées (!) comportaient les motifs qu'il fallait broder. Ainsi, la série de cartes perforées peut être comparée aux lignes d'un programme informatique. De plus, Jacquard introduisit un concept bien élégant : la séparation du mécanisme de commande et du mécanisme d'exécution. | | |
 | | Charles Babbage fut quant à lui l'inventeur du concept de l'ordinateur, ou du moins, de la machine à calculer universelle : Il sépara les organes de commande, d'entrée et de sorties des données, d'exécution et conçoit une mémoire séparée. Mais pour des questions purement technologiques, sa machine ne put jamais véritablement fonctionner avant sa reconstruction d'après les plans originaux au début du 20ème siècle. |
A la même époque que Babbage, Ada Byron, Lady Lovelace inventa ce qui est reconnu comme étant le premier programme informatique.
A la fin du 19ième siècle, Hermann Hollerith introduisit pour la première fois dans l'histoire des automates la technologie électromécanique, déjà beaucoup plus performante. Sa machine, créée pour le recensement Américain de 1890, n'était pas vraiment une machine universelle dans le sens où Babbage avait conceptualisé la sienne, mais il créa une société afin de la construire qui devint bien plus tard ce géant que nous connaissons tous, IBM. |
 | | Ce ne fut qu'en 1930 que les tables de calculs de Georges Boole, que l'on utilise toujours de nos jours, trouvèrent leur application : Georges Stibitz inventa son "additionneur binaire", à partir duquel toutes les machines à venir (et dont notre pôle, l'ordinateur) allaient s'inspirer. Le concept de Boole est très simple et s'étend de la manière suivante : tout chiffre, alphabet, opération peut être traduit en une série de chiffre binaire, 0 et 1. Stibitz utilisa ces lois et représenta les chiffres binaires par des charges électriques : 0 étant une charge nulle, 1 une charge pleine. |
A peine plus tard, ce furent des relais électro-magnétiques qui représentèrent ces nombres. En 1948, le Mark I de la Harvard University peut ainsi calculer jusqu'à 3 opérations par seconde !
Suivirent notamment l'ENIAC avec ses tubes à vide, et l'EDVAC, le premier calculateur possédant véritablement une mémoire vive : l'ordinateur moderne était né, grâce notamment aux travaux de John von Neumann durant la Deuxième Guerre Mondiale. |
L'UNIVAC en 1951 représente le premier ordinateur à être produit en série. L'invention du transistor en 1948 allait être une véritable bénédiction pour les ordinateurs à venir : capable de remplacer bon nombre de composants onéreux, imposants et fragiles, les transistors ouvrirent en grand la voie à la miniaturisation. Les premiers disques magnétiques firent aussi leur apparition, et ne disparaitront pas de sitôt ! |
De même que la technique évoluait à grand pas, le langage informatique s'éloignait de plus en plus de la représentation binaire utilisée par Stibitz et les premiers calculateurs. Les premiers langages dits "évolués" firent leur apparition, délaissant les 0 et les 1 pour introduire des mots alphabêtiques proches du langage naturel, et ce dès 1957 avec le Fortran (Formula Translator).
En 1958, un autre pas de géant allait être franchi : Jack Kilby de Texas Instruments mit côte à côte plusieurs transistors sur la même tranche de silicium. Le circuit intégré était né. L'utilisation des circuits intégrés et leur formidable gain en rapidité, consommation et fiabilité allait énormément aider le développement de l'informatique moderne.
1962 : en France, Philippe Dreyfus invente le mot "informatique" pour désigner la science du traitement de l'information et des ordinateurs.
1969 : Réalisation à partir de 4 ordinateurs en réseau de la première mouture du réseau ARPANET, qui évoluera plus tard en ce que nous connaissons tous aujourd'hui, Internet.
La micro-informatiqueEn Novembre 1971, après avoir créée le premier circuit intégré de mémoire vive (1024 octets), Intel met en vente le premier microprocesseur de l'histoire, le 4004, conçu par Ted Hoff. Le 4004 est un microprocesseur 4 bits fonctionnant à 108 KHz, qui adresse 640 octets de mémoire et effectue 60.000 opérations par seconde. En fait, c'est un microprocesseur plutôt destiné aux calculatrices et ne fut pas utilisé dans d'autres applications. |
Il fallut donc attendre la sortie du 8008 (Avril 1972), une variante 8 bits du 4004 comme son nom l'indique, fonctionnant à 200 KHz et adressant 16 Ko de mémoire, pour voir apparaitre le premier micro-ordinateur de l'histoire, et qui plus est Français ! le Micral de la R2E fut conceptualisé par François GERNELLE en 1973, et le terme "micro-ordinateur" fit la première fois son apparition dans un journal Américain en Juin 1973 dans un article consacré au Micral. | |  |
Les premiers micro-ordinateurs firent timidement leur apparition : on peut parler par exemple du kit à monter soit-même dénommé Mark-8 conçu par Jonathan Titus qui parut dans le magasine Radio Electronics en Juillet 1974. En Mars 1975, une réunion d'amateurs d'ordinateurs dénommée Homebrew Computer Club effectue une démonstration de l'Altaïr, un micro-ordinateur lui aussi basé sur le nouvel Intel 8080 (2 MHz, 64 Ko de mémoire adressable et 640.000 opérations par seconde). Parmi les participants, on peut citer Steve Wozniak. L'Altaïr, dont le nom provient d'un épisode de Star Trek "Voyage to Altaïr" sera vendu dès Avril 1975 pour 395$ avec 256 octets de mémoire.
 | | En Mars 1976, Steve Wozniak (26 ans, ingénieur chez Hewlett-Packard) et Steve Jobs (21 ans, technicien chez Atari) finissent leur ordinateur qu'ils baptisent Apple 1. Ils fondent la société Apple le 1ier Avril 1976 et vendent leur ordinateur au magasin Byte Shop pour 666.66$ avec un microprocesseur MOS 6502, 256 octets de mémoire morte (ROM), 8 Ko de RAM et une sortie vidéo sur téléviseur : 175 exemplaires se vendront. Pour 75$ supplémentaires, une carte permettant de brancher le magnétophone permettra de charger le Basic en mémoire, ce qui contribua au succès de la machine. |
En Avril 1977, Apple Computer présentera l'Apple II, une version améliorée du premier modèle intégrant une carte graphique, un clavier, un port pour manette de jeux, 8 slots d'extension, 4 Ko de RAM et 16 Ko de ROM intégrant le Basic Microsoft. Il s'en vendra 35.000 exemplaires durant la première année.
En Janvier 1977, Commodore, alors fabriquant de calculatrices qui venait de racheter MOS Technologies (le fabricant du célèbre 6502) lance le PET (Personnal Electric Transactor), un ordinateur à base de 6502, 14 Ko de ROM contenant une version du Basic Microsoft, 4 Ko de RAM, écran monochrome et lecteur de cassette intégrés. Il sera vendu au prix de 800$. | |  |
 | | C'est alors au tour de Radio Shack de Tandy de présenter sa première solution informatique. Le TRS-80 est basé lui sur un Zilog Z80, possède 4 Ko de ROM, 4 Ko de RAM et est vendu pour 600$ avec écran, clavier et lecteur de cassette. 10.000 exemplaires s'en vendront le premier mois ! |
Mais les premiers micro-ordinateurs, bien que primitifs dans leurs possibilités (pas de graphismes, son austère, mémoire très limitée) n'en était pas moins très chers. Il fallut attendre 1980 qu'un génial inventeur du nom de Clive Sinclair (qui gagna plus tard le titre de Lord en mérite de ses créations) mette au monde un petit micro-ordinateur dont le principal avantage sera sans nul doutes un prix accessible à toutes les bourses ! |
Le ZX80 pouvait s'acheter en kit à monter soit-même pour un gain d'économies supplémentaire. Muni d'un petit kilo de mémoire vive, il n'en comporte pas moins un Basic agréable, mais qui malheureusement ne gère pas les nombres à virgule ! De plus le microprocesseur gère le rafraîchissement de l'écran, qui a très facheuse tendance à clignoter dès que l'ordinateur travaille ! | |  |
| | Ce petit défaut sera vite rattrappé par le ZX81, sorti comme son nom l'indique aussi en 1981. C'est, au contraire du ZX80, un ordinateur très répandu ! Mais le prix des composants baissant sans cesse et les progrès techniques aidant, les graphismes colorés et les sonorités de plus en plus réalistes allaient faire leur entrée dans la micro-informatique. |
| Alors concentrés sur l'informatique sérieuse (et certes ennuyeuse !), CBM alias Commodore Business Machines lancèrent fin 1981 le Commodore VIC-20, une petite machine familiale au prix accessible, dotée de graphismes colorés, capable de faire du son et possédant un port cartouche (une première !). Seule sa petite mémoire vive, 3 Ko, lui causera du tord. | | |
| | Les choses prirent une toute autre tournure en 1982 : Sinclair introduisit son ZX Spectrum, petit ordinateur d'initiation au succès phénoménal en Europe, doté de graphismes fins et d'une généreuse taille mémoire (jusqu'à 48 Ko). Mais la véritable révolution se dénomma Commodore 64 : Cette machine mythique fit bien du tort à ses congénères 8 bits pendant les quatre prochaines années à venir ! |
Le Commodore 64 est en effet doué pour les graphismes avec une vraie résolution graphique de 320x200 points en 16 couleurs, du moins au maximum, gère 8 sprites et possède un synthétiseur sonore tellement extraordinaire qu'il est encore utilisé de nos jours par certains créateurs de musique électronique ! (Cf. SidStation) | | |
Emboitant le pas à Sinclair et Commodore, d'autres constructeurs se hâtèrent de mettre sur le marché une gamme de micro-ordinateurs 8 bits tous incompatibles entre eux, et dont les spécificités eurent tôt fait d'engendrer le chaos dans la tête des acheteurs potentiels !
 |  |  |  |  | | Oric 1 | MO5 | Alice | TO7 | Dragon 32 |
| | | | | 1985 marqua une certaine rupture dans l'univers des micros 8 bits : le marché était saturé, essouflé, et seules des machines à bas prix telles que les Amstrad CPC 464 et 6128 se vendaient.
Celles-ci n'étaient révolutionnaires que dans leur fabuleux rapport qualité/prix. Ainsi, un Amstrad CPC464 en 1984 avec lecteur de cassette et moniteur monochrome coûtait aussi cher qu'un Thomson MO5 nu ! | | | | | |
| | | | | Arriva alors un évènement de taille : l'introduction par Apple du premier Macintosh ! A une époque où le monde professionnel n'avait d'yeux que pour les IBM PCs et leur DOS morne et triste, le Macintosh bien qu'en noir et blanc affiche une facilité d'utilisation extraordinaire et des logiciels déjà très au point (Mac Paint, Mac Write).
Plus réservé aux professions journalistiques, télévisuelles et artistiques, le Macintosh poursuit toujours son chemin de nos jours. |
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| | | | | 1986 sonna définitivement le glas pour les ordinateurs 8 bits. Sortirent des usines d'Atari les premiers Atari 520ST, de puissantes machines 16 bits construites autour du célèbre Motorola 68000, et livrées en standard avec une très respectable mémoire vive (512 Ko pour une machine familiale à l'époque ou mêmes les pc professionnels n'en affichaient pas d'avantage !). |
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Il fut suivi de très près par les Commodore Amiga 1000, eux aussi construits sur une architecture 16 bits et le même microprocesseur. Mais les Amiga eurent toujours pour eux d'avoir des atouts graphiques et sonores bien au dessus des Atari ST !
Commodore redésigna peu après l'Amiga 1000 en Amiga 500 au boitier très ressemblant à l'Atari 520ST et essentiellement moins cher. De nombreuses évolutions d'Amiga sortiront jusqu'aux Amiga 4000, puissantes stations multimédia. | | | | | |
Les dernières machines 8 bits sortirent en retard des usines Thomson (TO8D, puis la gamme réellement obsolète des TO9 / TO9+), mais le standard MSX lui continuait de faire un carton au Japon, avec les évolutions de la gamme ; d'abord les MSX2 en 1986, avec de meilleures résolutions graphiques et diverses extensions incluses, puis les MSX2+ avec des modes graphiques très élaborés, et finalement les MSX2 Turbo-R, puissantes machines bi-processeurs, animées par un processeur RISC (un R800 de la société ASCII à 28 MHz) et le classique Z80A.
Pendant ce laps de temps, les PC eux en profitèrent pour passer des 8086 au 80286, voir 80386, et s'équipèrent de vraies cartes graphiques, affichant jusqu'à 256 couleurs, les cartes VGA. Les premières cartes sonores firent également leur entrée (en fanfare !) sur le marché grâce à Adlib puis la gamme SoundBlaster de Creative Labs.
Le reste de l'histoire est déjà moins rempli en rebondissements. On peut noter malgré tout l'arrivée très remarquée d'une machine géniale, conceptualisée par Steve Jobs, un des fondateurs d'Apple ; Le Next. Le Next n'est pas seulement une machine exceptionnelle au niveau de ses caractéristiques techniques (grâce notamment à l'emploi d'un DSP de chez Motorola), mais surtout parce que le système d'exploitation qui l'accompagne était une telle merveille de performance et de convivialité qu'il ne fut rattrappé sur nos machines modernes qu'il y a peu. A noter également le dernier effort en micro-informatique d'Atari, le Falcon, un puissant ordinateur multimédia doué pour le Direct-To-Disk, une machine de prédilection pour les musiciens ! |
Maintenant, la suite de l'histoire de l'informatique est encore à écrire, et d'une certaine manière, vous y participez en ce moment même...
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